Reportage paru dans Ouest-France sur Blandine et l’atelier de préparation de plats cuisinés qu’elle a monté à la ferme du Trèfle blanc. Article à lire ICI

Reportage paru dans Ouest-France sur Blandine et l’atelier de préparation de plats cuisinés qu’elle a monté à la ferme du Trèfle blanc. Article à lire ICI
Des élèves du collège Paul Doumer à Nort-sur-Erdre ont réalisé, le 15 janvier 2018, un reportage à la ferme de la Tindière. Ils étaient assistés d’un journaliste. Ils y ont rencontré nos maraîchers, Claire, Gaëtan et Gregory. Ce reportage, composé de plusieurs petites séquences, est disponible ici : http://mediasenerdretgesvres.fr/sous-les-serres-le-bio/
Pourquoi converger massivement sur la zad le 10 février ?
Depuis des décennies, les 1650 ha de la zad sont menacés par un projet d’aéroport climaticide, destructeur de terres nourricières, de zone humides et de liens sociaux. En lieu et place de ce projet, des paysan.ne.s résistant.e.s ont continué de vivre sur leurs terres et de nouveaux.elles habitant.e.s sont arrivé.e.s dans les 10 dernières années. Il s’invente sur la zad des formes de vie, d’habitats et d’agriculture fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs.
Le 9 février 2018, la Déclaration d’Utilité Publique du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes aura 10 ans. Si le gouvernement, à l’issue de la médiation nommée il y a 6 mois, décide enfin d’abandonner ce projet mortifère, le 9 février marquera la fin officielle de la Déclaration d’Utilité Publique. Nous serons alors heureux de célébrer la préservation de ce bocage, avec toutes celles et ceux qui ont accompagné cette longue histoire de lutte au cours des dernières décennies. Nous convergerons pour poser ensemble les prochains jalons de l’avenir de la zad de Notre-Dame-des-Landes.
Si le gouvernement décidait envers et contre tout de s’entêter, il nous faudrait alors être aussi fort nombreux.ses à réaffirmer notre volonté d’empêcher le démarrage des travaux et de toute expulsion sur la zad.
Quelle que soit la position du gouvernement suite au rapport de la médiation, et en espérant le meilleur pour la suite, nous vous appelons donc à vous organiser dès aujourd’hui pour se retrouver sur la zad le 10 février et enraciner son avenir.
Chacun.e est invité.e le 10 février à apporter pousses, arbustes ou arbrisseaux pour enrichir les haies du bocage et marquer l’enracinement de chaque lieu défendu.
Un article de Ouest-France daté du 27/08/2017 sur le verger de Paul Gautreau, à Juvardeil, qui distribue l’AMAP en noix et noisettes et produits dérivés de noix.
« Oh, non ! C’est pas vrai ! » peste Paul Gautreau. Un arbre est à terre. Effondré sous le poids des noix qui mûrissaient sur ses branches. Il avait 60 ans et comptait parmi les premiers noyers plantés sur cette parcelle agricole de 12,5 ha, à Juvardeil.
Le producteur de 50 ans ne sait pas encore s’il pourra récupérer les fruits, la récolte des noix n’étant prévue qu’en octobre.
Sur les différentes exploitations de Paul Gautreau, qui font au total 30 ha, trônent 3 000 noyers parfaitement alignés. Une majestueuse forêt aux allées interminables. Mais ça n’a pas toujours été aussi beau.
« Paradis des chevreuils et des sangliers »
En 2009, Paul Gautreau entend parler, par son oncle, d’une noyeraie en friche. Le hasard fait bien les choses. Depuis quelques années, cet ancien commercial dans les systèmes d’irrigation agricole voulait revenir à ses premiers amours. « Mon père était arboriculteur, dans les pommes, en Loire-Atlantique, et j’ai une formation initiale en arboriculture. »
Malgré les ronces qui s’élevaient jusqu’à trois mètres de haut, Paul Gautreau n’avait qu’une idée en tête : restaurer l’exploitation abandonnée et devenir nuciculteur. « C’était complètement inaccessible ! Un paradis pour les chevreuils et les sangliers. Et puis, le propriétaire avait déjà commencé à arracher des arbres. Je voulais préserver ce patrimoine local. » Il faut dire qu’une noyeraie de cette taille dans le Maine-et-Loire, ça ne court pas les rues !
« J’ai l’impression d’être utile »
Pendant trois semaines, seul, il a tout débroussaillé. Il a ensuite planté de nouveaux arbres, principalement des noyers mais aussi des noisetiers. « Il faut quinze ans après plantation pour avoir des noix. Les noisettes, c’est trois ans. » Il a loué la terre juvardeillaise pendant deux ans et en est devenu propriétaire en 2011.
Il cultive par ailleurs d’autres terrains dans les communes d’Angrie, de Huillé, Villevêque et Tiercé, ce qui lui permet d’accroître sa production de noix. « Depuis que j’ai commencé mon activité, je n’ai jamais été aussi heureux ! J’ai l’impression d’être utile. »
Jusqu’en 2014, Paul Gautreau avait gardé son travail de commercial en parallèle. « Je ne vis que depuis deux ans de ma production. Avant, c’est Marie, ma femme, qui faisait bouillir la marmite. Heureusement qu’elle était là ! »
En 2016, 30 tonnes de noix et 600 kg de noisettes ont été produits pour un chiffre d’affaires de 200 000 €. Mais 2017 s’annonce un peu plus compliquée. La faute aux gelées de la fin avril qui rendent exploitables sept hectares.
Ses fruits à coques se vendent principalement dans les épiceries bio. Mais Paul Gautreau a souhaité valoriser autrement sa production. Douze produits à base de noix ont vu le jour. Parmi eux, huile et vin de noix, des cerneaux de noix enrobés de chocolat ou encore des caramels aux noix.
Article publié sur le site pleinchamp.com le 22/02/2017
Un caractère de « meneuse » et de belles cornes en lyre: la vache Fine, six ans, Bretonne Pie Noire bretonne et égérie du 54e Salon de l’Agriculture de Paris, y représentera l’agro-écologie et la commercialisation en circuit court.
1,17m au garrot, 450 kilos: Fine, ce n’est « pas la taille mannequin », mais un petit gabarit caractéristique de ces « vaches à beurre » donnant un lait très riche en se contentant d’une alimentation naturelle basée sur l’herbe et le foin, explique Cédric Briand, propriétaire de la nouvelle mascotte du Salon, qui se tient du 25 février au 5 mars. Née en mars 2010 à la Ferme des 7 chemins à Plessé (Loire-Atlantique), exploitée sur 60 hectares par Cédric Briand et ses deux associés, Mathieu Hamon et Hervé Merand, Fine est la fille d’Akhenaton et de Capucine, « la tyrannie et la fleur », souligne, rieur, son maître, par ailleurs vice-président de l’Union Bretonne Pie-Noir.
Dans le champ où elle broute avec ses 40 copines, « c’est la dominante du troupeau. Mais une dominante plutôt bienveillante. Elle s’impose naturellement, quand elle va boire, les autres se poussent », décrit l’éleveur en menant son cheptel à la traite. Les spécialistes de la Bretonne Pie-Noir ne s’y sont pas trompés: quand le Salon de l’Agriculture a choisi en mai dernier de mettre à l’honneur cette race à petit effectif pour sa 54e édition, ils ont désigné « à l’unanimité » Fine dans le champ de Cédric Briand. Outre son « caractère de meneuse », la vache est « bien sur ses aplombs », a un petit coeur sur le front, une écharpe et des chaussettes blanches sur ses pattes.
Proche de la disparition
Le portrait de Fine trône désormais en 500 exemplaires dans les couloirs du métro parisien, mais aussi dans les rues de la capitale et sur les bus. Une affiche de plus de 600 m2 est placardée sur le périphérique. Déjà star, Fine, qui n’a quitté sa ferme qu’à de rares occasions et qui peut être « un peu tête de pioche », a des séances de travail quotidiennes avec son maître, de la radio à plein volume dans la salle de traite aux promenades au licol dans la cour de la ferme, pour éviter le stress du bruit et de la foule.
La grand-messe de l’agriculture sera pour Cédric Briand, fils d’éleveurs en production laitière, l’opportunité de mettre en avant « la valorisation en circuit court et en bio » de la Bretonne Pie-Noir. Plus vieille race de vaches françaises avec la Charolaise, elle a frisé l’extinction. Mais un plan de sauvegarde en 1976, le premier au niveau national pour une race bovine, permet de faire passer l’effectif de quelque 300 vaches à 2.000 aujourd’hui contre 700.000 têtes recensées au début du XXe siècle. « Pour survivre, les éleveurs se sont mis à faire du fromage et de la vente directe, dès les années 1960 », souligne M. Briand, qui s’est tourné vers cette race mixte, rustique et sobre après des études de productions animales.
Le GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun, ndlr) des 7 Chemins produit une quantité moyenne de 115.000 litres de lait par an, dont 100.000 sont transformés en crème, beurre et fromages, avant d’être vendus à 45% à la ferme, à 45% dans le réseau Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et à 10% aux restaurateurs du territoire. Les trois associés vivent de leur métier et s’octroient cinq semaines de congés par an. Au Salon, Cédric Briand plaidera auprès des hommes et femmes politiques qui s’y presseront, en pleine campagne présidentielle et en pleine mutation agricole, pour « une agriculture plus inscrite dans la société, qui prenne en compte l’environnement et l’alimentation de nos concitoyens ».
Article publié sur le site pleinchamp.com le 22/02/2017
Un caractère de « meneuse » et de belles cornes en lyre: la vache Fine, six ans, Bretonne Pie Noire bretonne et égérie du 54e Salon de l’Agriculture de Paris, y représentera l’agro-écologie et la commercialisation en circuit court.
1,17m au garrot, 450 kilos: Fine, ce n’est « pas la taille mannequin », mais un petit gabarit caractéristique de ces « vaches à beurre » donnant un lait très riche en se contentant d’une alimentation naturelle basée sur l’herbe et le foin, explique Cédric Briand, propriétaire de la nouvelle mascotte du Salon, qui se tient du 25 février au 5 mars. Née en mars 2010 à la Ferme des 7 chemins à Plessé (Loire-Atlantique), exploitée sur 60 hectares par Cédric Briand et ses deux associés, Mathieu Hamon et Hervé Merand, Fine est la fille d’Akhenaton et de Capucine, « la tyrannie et la fleur », souligne, rieur, son maître, par ailleurs vice-président de l’Union Bretonne Pie-Noir.
Dans le champ où elle broute avec ses 40 copines, « c’est la dominante du troupeau. Mais une dominante plutôt bienveillante. Elle s’impose naturellement, quand elle va boire, les autres se poussent », décrit l’éleveur en menant son cheptel à la traite. Les spécialistes de la Bretonne Pie-Noir ne s’y sont pas trompés: quand le Salon de l’Agriculture a choisi en mai dernier de mettre à l’honneur cette race à petit effectif pour sa 54e édition, ils ont désigné « à l’unanimité » Fine dans le champ de Cédric Briand. Outre son « caractère de meneuse », la vache est « bien sur ses aplombs », a un petit coeur sur le front, une écharpe et des chaussettes blanches sur ses pattes. Proche de la disparition
Le portrait de Fine trône désormais en 500 exemplaires dans les couloirs du métro parisien, mais aussi dans les rues de la capitale et sur les bus. Une affiche de plus de 600 m2 est placardée sur le périphérique. Déjà star, Fine, qui n’a quitté sa ferme qu’à de rares occasions et qui peut être « un peu tête de pioche », a des séances de travail quotidiennes avec son maître, de la radio à plein volume dans la salle de traite aux promenades au licol dans la cour de la ferme, pour éviter le stress du bruit et de la foule. La grand-messe de l’agriculture sera pour Cédric Briand, fils d’éleveurs en production laitière, l’opportunité de mettre en avant « la valorisation en circuit court et en bio » de la Bretonne Pie-Noir. Plus vieille race de vaches françaises avec la Charolaise, elle a frisé l’extinction. Mais un plan de sauvegarde en 1976, le premier au niveau national pour une race bovine, permet de faire passer l’effectif de quelque 300 vaches à 2.000 aujourd’hui contre 700.000 têtes recensées au début du XXe siècle. « Pour survivre, les éleveurs se sont mis à faire du fromage et de la vente directe, dès les années 1960 », souligne M. Briand, qui s’est tourné vers cette race mixte, rustique et sobre après des études de productions animales.
Le GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun, ndlr) des 7 Chemins produit une quantité moyenne de 115.000 litres de lait par an, dont 100.000 sont transformés en crème, beurre et fromages, avant d’être vendus à 45% à la ferme, à 45% dans le réseau Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et à 10% aux restaurateurs du territoire. Les trois associés vivent de leur métier et s’octroient cinq semaines de congés par an. Au Salon, Cédric Briand plaidera auprès des hommes et femmes politiques qui s’y presseront, en pleine campagne présidentielle et en pleine mutation agricole, pour « une agriculture plus inscrite dans la société, qui prenne en compte l’environnement et l’alimentation de nos concitoyens ».
Notre AMAP est à l’honneur ! Dans le cadre de son numéro spécial Palmarès de l’écologie 2016 (n°3714 de cette semaine), l’hebdomadaire La Vie (90000 exemplaires diffusés nationalement) a distingué le département de la Loire-Atlantique comme étant le lauréat de la dixième édition. Cette 1ère place a été obtenue (devant la Gironde et l’Hérault) malgré le dossier problématique du projet d’aéroport et juste parce qu’il n’a pas été encore réalisé.
Cela étant, parmi l’un des 8 critères qui justifie ce classement, il y a celui de la consommation responsable et là … le département fait fort. Le nombre d’AMAPs est très important. Parmi toutes ces AMAPs, c’est celle de Treillières qui avait été choisie par les journalistes de ce magazine pour illustrer le dynamisme de la consommation citoyenne, locale et bio. Ils étaient parmi nous il y a à peine un mois pour effectuer leur reportage.
Jamais la Démocratie n’a été une exigence plus impérieuse qu’en cette période où nous lançons notre rassemblement 2016 !
Comme les années précédentes, la Coordination des Opposants* s’adresse à toute la population de la région, comme à tous les militants, toutes les organisations locales, nationales… et au-delà, engagés avec elle dans la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle les invite à partager ce moment fédérateur et convivial, démonstration et point d’appui d’une mobilisation intacte, et plus que jamais nécessaire, pour que vivent ce territoire et les alternatives qui se développent sur la ZAD.
Dans la période actuelle, le thème de la démocratie s’est imposé à nous de manière évidente, bien que nous travaillions sur cette exigence depuis plus de 15 ans maintenant.
Un déni constant de démocratie de la part des porteurs du projet : Mensonges, manipulations, faux semblants…!
Les citoyens ont mis à jour et démonté les différentes arnaques, sans que soient troublés le moins du monde les politiques porteurs du projet qui les fomentent (cf La fabrication d’un mensonge d’Etat – F Verchère – Editions Tim Buctu).
La loi sur l’eau est ouvertement bafouée par les propositions de « compensation » de la société Aéroports du Grand Ouest : la méthode a été retoquée par toutes les autorités scientifiques locales et nationales. Peu importe, ils n’en tiennent pas compte car ces avis sont purement consultatifs, mais alors pourquoi les avoir demandés ?
La Commission Européenne demande l’évaluation globale des conséquences environnementales du projet mais elle semble accepter de se contenter d’un document annexe au Schéma de Cohérence Territoriale (actuellement en révision) qui serait peu contraignant et qui relèverait de la préconisation….
La machine administrative continue à jouer son rôle de rouleau compresseur pour permettre, parait-il, les expulsions à l’automne, tandis qu’une improbable « consultation » surgie de nulle part court-circuiterait les procédures en cours, légitimerait le projet et exonérerait Hollande de tenir sa parole !
C’est le mouvement d’opposition qui porte l’exigence démocratique : Alors STOP à leur « pseudo-démocratie » !
Comme répété mille fois, nous voulons pouvoir décider de nos véritables besoins, pas seulement locaux, des différentes alternatives capables de les satisfaire, de l’usage de nos fonds publics, de la préservation de nos cadres de vie. Nous en avons montré la capacité, nous avons fait des propositions d’alternatives, par le biais de l’Atelier Citoyen et d’autres manières.
La démocratie que nous voulons, nous la mettons déjà en œuvre lorsque nous travaillons sur les dossiers, lorsque nous faisons des propositions à la Commission Nationale de Transition Écologique pour l’amélioration des procédures de débat public, propositions louangées… et immédiatement ignorées.
Et plus largement, nous posons la question de nos Droits humains fondamentaux (Santé, Éducation, Logement, etc ), alors que la triste actualité nous démontre que leur déconstruction est en marche. La lutte de Notre-Dame-des-Landes, comme d’autres contre des Grands Projets Inutiles Imposés, sont autant de catalyseurs pour un retour aux valeurs de justice et de solidarité qui sont les nôtres.
Il y a cinq ans, à l’été 2011, nous avions placé notre rassemblement sous l’égide « Pour un autre choix de société ». C’est encore à mettre au présent.
Partageons nos travaux et réflexions sur l’avenir !
Tout ce que nous avons appris à partir de cette lutte, tout ce que nous avons découvert ensemble tels d’autres moyens de fonctionner, d’avancer, nous vous invitons à le partager et l’enrichir les 9 et 10 juillet
À nous de définir les alternatives que nous voulons mettre en place ! Imaginons collectivement et faisons le savoir ! C’est le ((/public/.affiche-ndl2016-500_m.jpg|moment de réinventer la démocratie que nous voulons, pas celle des actionnaires de Vinci et des politiques à leur service ! Ni expulsions, ni travaux, ni aéroport !
* La Coordination des Opposants est constituée de plus de 50 groupes : associations, collectifs, syndicats et mouvements politiques qui travaillent ensemble mensuellement.
Papier publié dans l’édition Nord-Loire de Ouest-France du 30/03/2016
Plus de 200 personnes découvrent une autre image de la Zad
Un collectif d’associations (Acipa, Amap, Copain, Comité cantonal anti-aéroport, Vivre à Treillières) proposait, vendredi, une rencontre avec des habitants de la Zad de NotreDame-des-Landes. Malgré la concurrence d’un match de foot international télévisé, plus de 200 personnes ont répondu à l’invitation. Comme à La Chapelle-sur-Erdre, il y a quelques semaines, la démarche répond visiblement à une attente de la population. La projection du film Une réponse à la Cop 21 et à son monde : Construire la Zad (1) permet de lancer un débat riche en découvertes pour nombre de présents. Les « zadistes » répondant sans tabou ni faux-fuyant aux interrogations du public.
Un univers structuré
Située aux confins de Treillières, la Zad est une micro société et un laboratoire d’idées alternatives, constitués de quelque 60 lieux de vie et 200 résidents permanents répartis sur environ 1 600 hectares. « Oui, il y a parfois des dérapages, comme partout ailleurs » , confie Michel. Loin des clichés et des rumeurs, on prend conscience d’un univers structuré où s’activent des éleveurs cultivateurs exploitant 220 hectares de terres agricoles. On y trouve aussi une auberge, une scierie, une conserverie, une boulangerie, un atelier mécanique et un marché. Ancien enseignant ou ingénieur, étudiante aux Beaux-arts ou salarié d’une entreprise nantaise, ils expliquent leur démarche. « Pour moi, tous les curseurs de notre société (économie, environnement…) sont au rouge. Il faut s’engager sur d’autres voies que nous expérimentons. » Quid de l’avenir de la Zad après le référendum ? « Si c’est non à l’aéroport, nous resterons, bien sûr, pour conforter ce que nous avons engagé. Si c’est oui, nous resterons aussi, car ce référendum local n’a aucune légalité face à un projet national ! » Dans la salle, Marcel Thébaud, installé depuis 1999, est un des quatre « agriculteurs historiques » ayant refusé de quitter les lieux. « Oui, nous avons été indemnisés, mais nous refusons de partir. Nous n’avons pas encaissé les chèques. Nous les avons renvoyés à la Caisse des dépôts et consignations ! » À eux quatre, ils continuent d’exploiter quelque 400 hectares. « C’est vrai, d’autres ont accepté les indemnisations et continuent d’exploiter les terres ! Ce n’est pas plus mal, car ça évite les friches. Mais le jour où d’autres agriculteurs en auront besoin, nous les y installerons. »
(1) Film de 26 mn sur http://zad.nadir.org
Pour l’abandon du projet d’aéroport. Pour l’avenir de la ZAD. Ni expulsions, ni travaux
Face aux menaces du gouvernement, le mouvement anti-aéroport est plus dense et vivant que jamais. En témoignent la mobilisation en urgence de 20 000 personnes et près de 500 tracteurs sur le périphérique nantais le 9 janvier, les actions de blocages et mobilisations paysannes qui ont suivi, le rassemblement devant le tribunal de Nantes et les multiples manifestations dans des dizaines d’autres villes en France et au-delà. La résistance à Notre-Dame-des-Landes est aujourd’hui devenue emblématique de tant d’autres luttes contre les destructions environnementales et sociales, de tant de combats face à la disparition des terres agricoles ou aux causes du changement climatique. Elle marque un refus ferme de la marchandisation continue du territoire et de nos vies.
Ce qui se construit sur la ZAD est porteur d’un immense espoir parce que s’y inventent d’autres manières d’habiter le monde, de cultiver, de créer et de s’organiser en commun. Les 30 et 31 janvier, c’est un millier de personnes qui sont venues participer à plus de 30 chantiers simultanés pour renforcer ce que Vinci voudrait détruire. En ces temps d’état d’urgence en passe de devenir perpétuel et d’atteinte prolongée aux libertés publiques, la détermination qui anime le bocage est un encouragement contagieux à ne pas se résigner.
Mais le 25 janvier, le juge des expropriations a prononcé l’expulsion des paysan-ne-s et habitant-e-s légaux de la ZAD : immédiate pour les exploitations agricoles, sous deux mois pour les habitations. Les quelques 200 nouvelles personnes qui, depuis 2007, se sont installées sur la ZAD pour y vivre et la protéger, sont, elles aussi, susceptibles d’être délogées par la force. La décision de passer à l’acte est aujourd’hui entre les mains du gouvernement. Hollande s’était engagé à attendre la fin des recours juridiques contre le projet d’aéroport. Ceux-ci ne sont pas épuisés : les recours contre les arrêtés loi sur l’Eau et Espèces Protégées sont en appel, une procédure de pré-contentieux est encore pendante devant la Commission Européenne. Pourtant, Valls, de son côté, martèle toujours sa volonté d’expulser la ZAD et de démarrer les chantiers à court terme, confortant les porteurs du projet. Des premiers travaux de défrichage sont censés commencer avant la mi-mars.
Si la pression sur l’ensemble de la zone est aujourd’hui plus forte que jamais, il n’est pas question de partir et de laisser la place aux tractopelles de Vinci, ni de vivre continuellement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Il n’est pas non plus question de diminuer notre propre pression sur les porteurs du projet et le gouvernement. Au contraire, c’est maintenant qu’il faut enfin gagner l’abandon du projet d’aéroport par notre mobilisation !
Dans le bras de fer qui s’est engagé, la puissance du mouvement dans la France entière pendant les semaines à venir va être décisive. Toutes les composantes de la lutte appellent donc à multiplier les actions de solidarité, en préambule d’une journée de mobilisation massive et générale le 27 février. Cette journée aura pour mot d’ordre l’arrêt des menaces d’expulsion sur les paysan-ne-s et habitant-e-s de la ZAD, ainsi que l’abandon définitif du projet d’aéroport. Nous invitons tous les comités et soutiens à relayer très fortement l’appel pour cet événement et à organiser des bus et convois pour s’y rendre.
Nous nous rassemblerons le 27 février en fin de matinée, précisément là où les travaux sont censés commencer, pour y faire la démonstration concrète de notre capacité à les bloquer. Nous convergerons ensuite vers une grande fête pour l’avenir de la ZAD.
Les différentes heures exactes de rendez-vous et points de départ des cortèges seront précisés par la suite.
Celles et ceux qui habitent et cultivent la ZAD ne la quitteront pas !
Il n’y aura jamais d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes !
Le gouvernement trahit les accords obtenus par la lutte selon lesquels ni les travaux de l’aéroport ni les expulsions ne commenceraient avant l’épuisement des recours juridiques.
En effet, les habitants et paysans dits « historiques », qui étaient propriétaires ou locataires avant la déclaration d’utilité publique (DUP), ont été assignés en référé expulsion le 10 décembre. AGO-Vinci demandait l’expulsion immédiate des habitants, avec pour contrainte une astreinte financière de 200 à 1000€ par jour. Et mise sous séquestre des biens et cheptels.
Le moment était sans doute malvenu sur le plan politique : COP21 et élections régionales. Les deux avocats ont accepté la mise en suspens de la procédure, celui d’AGO-Vinci affirmant sa volonté de la relancer en janvier.
Après que les tentatives de vider la ZAD par les forces policières ont échoué en 2012, l’État essaie maintenant de le faire sous la pression financière sans même avoir à se risquer à venir sur le terrain.
Il n’est pas question de laisser l’État expulser une partie d’entre nous, ni même de laisser peser une telle menace sur l’ensemble des habitants de la zone. Notre perspective est l’abandon du projet, cependant notre force collective doit arracher immédiatement l’engagement de l’État à renoncer à toute procédure d’expulsion jusqu’à ce que tous les recours soient menés à leur fin.
Le 30 décembre, AGO-Vinci a relancé la procédure pour une audience contradictoire le mercredi 13 janvier. Une AG le soir même a décidé d’avancer la mobilisation au samedi précédent.
Nous appelons donc à une forte mobilisation le 9 janvier sur le périphérique de Nantes, en convois de tracteurs, vélos, marcheurs, convergeant vers Cheviré, pour un grand banquet partagé au pied du pont, victuailles tirées des sacs. Le tout dans une ambiance enthousiaste, conviviale et sereine, celle que nous avons su conserver pendant les huit jours de notre convoi « CAP sur la COP » malgré l’état d’urgence. L’action de cette journée autour de Nantes sera assumable par tous et toutes et gérée ensemble de bout en bout. Nous nous portons collectivement garants de son succès. Nous ne laisserons jamais disparaître les terres de la zad et tous ceux qui la font vivre.
Nous appelons donc à nous rejoindre pour une mobilisation le 9 janvier 2016, que ce soit :
– à la tracto-vélo de Notre-Dame-des-Landes à 8h30, qui ira jusqu’au périphérique de Nantes
– si vous n’avez pas de vélo : à la manifestation piétonne (les deux se rejoindront)
et si vous êtes trop loin, à des manifestations, blocages, occupations et autres formes d’actions près de chez vous en solidarité contre les expulsions, (plutôt) le 9 ou le 16 janvier, selon possibilités locales appréciées par les comités de soutien… Rennes, Toulouse, d’autres villes… ont déjà annoncé des actions.
À l’appel des composantes de la lutte contre l’aéroport :
des membres de la Coordination (ACIPA, ADECA, Agissons Pour l’Avenir, ATTAC, CANVA, CéDpa, CELA, Confédération Paysanne 44, décroissanceS-MOC, GAB44, PG44, NPA, UD44 Solidaires, EELV, ENSEMBLE !, Nature-Avenir, Natur-Action, OBSLAB, Vertou Écologie Solidarité, Sèvre Propre 2015, Solidarités Écologie), le COPAIn, Naturalistes en lutte, des habitant-e-s de la ZAD, des comités de soutien…
Un bon papier sur l’intervention de Bernard Melguen lors de l’assemblée générale, paru dans Ouest-France du 23/9/2015. Au cours de cette même AG, nous aurons eu également le plaisir d’accueillir Nicolas De La Casinière, venu présenter son dernier livre : « Services publics à crédit : à qui profitent les partenariats public-privé (PPP) ?« . Dans ce livre, il fait la lumière sur les PPP qui bénéficient de la crise et des désengagements de l’État et des collectivités territoriales, au préjudice des contribuables, qui règlent une note considérablement salée.
Article assez complet paru dans le magazine de la ville de Treillières (N° 65) du début d’année 2015.
Un papier de O-F (pages Nantes Métropole !) sur l’opération de transport de produits alimentaires locaux au fil de l’eau avec plusieurs distributions organisées lors des escales.